La 10e édition du baromètre santé auditive de l’ANA confirme l’importance de la gêne des nuisances sonores ressentie par les travailleurs.
Plus d’un actif sur deux déclare être gêné par le bruit et les nuisances sonores sur son lieu de travail (59 %), selon cette étude. Les actifs occupés travaillant dans l’industrie et le BTP (64 %) se disent particulièrement gênés, ainsi que dans le commerce, les transports, l’hébergement et la restauration (64 %).
La gêne des répondants causée par par le bruit et les nuisances sonores varie selon leur lieu de travail : ils sont 59 % à l’être pour le travail sur site et en travail hybride, et 54 % en télétravail. Sur site, cette gêne est la plus prégnante pour les personnes travaillant en atelier, sur les chantiers et les chaînes de production (68 %), celles qui travaillent en « open space » en flex office » (65 %) et en « open space » avec un poste dédié (64 %).
Le bruit et les nuisances sonores sur le lieu de travail ont au moins une répercussion physique pour 74 % des personnes interrogées et 52 % déclarent avoir au moins une répercussion auditive. Les principales répercussions physiques sont la fatigue, la lassitude et l’irritabilité (58 %), les difficultés de concentration (54 %) et le stress (52 %). La gêne auditive arrive en quatrième position (42 %) et 35 % des actifs interrogés indiquent souffrir d’acouphènes.
Remarque : l’évolution de ces résultats depuis 2023 est stable pour les répercussions physiques, mais les répercussions auditives sont en croissance avec une hausse de plus de 7 points.
Une nouvelle question sur les nuisances sonores en télétravail a été posée uniquement aux actifs occupés en télétravail ou travail hybride, soit 24 % de l’échantillon.
À la question de savoir si l’exposition au bruit est plus faible ou plus forte lorsque les travailleurs sont en télétravail par rapport au lieu de travail, 55 % indiquent que l’exposition au bruit en télétravail est moins forte que sur le lieu de travail. 18 % indiquent cependant que l’exposition au bruit en télétravail est plus forte sur leur lieu de télétravail que sur lieu de travail. Ce sont les travailleurs en « open space », qu’ils aient ou non un poste attitré qui indiquent le plus que leur exposition au bruit est plus faible en télétravail (63 %).
Un peu plus de la moitié des répondants déclarent que leur employeur leur a proposé au moins une solution face aux nuisances sonores (54 %, + 3 points par rapport à 2025), plus particulièrement sur les équipements adaptés : 32 % déclarent s’être vu proposer un équipement de protection individuelle (EPI) contre le bruit, 31 % des casques de communication spécifiques (+ 3 points par rapport à 2025).
25 % des actifs occupés indiquent que les espaces de travail ont été pensés pour réduire le bruit et les nuisances sonores, via la création d’espaces pour s’isoler ou le réaménagement d’espaces existants (+ 2 points par rapport à 2025). Enfin, 22 % des répondants indiquent que leur employeur leur a proposé des sessions d’information et de sensibilisation (+ 3 points par rapport à 2025), et 16 % des dépistages de l’audition (- 4 points par rapport à 2025).
Remarque : lors de la présentation du baromètre, l’association indique que depuis 2018 il y a eu peu d’évolution sur les solutions proposées par les employeurs en matière de prévention du bruit sur le lieu de travail et ce sont très souvent des solutions individuelles qui sont utilisées. Par ailleurs, il y a un net recul du dépistage de l’audition.
Une nouvelle question du baromètre permet d’interroger les travailleurs sur les solutions qu’ils jugent les plus efficaces pour réduire leur exposition au bruit. Il ressort une volonté des salariés d’avoir des propositions et des solutions beaucoup plus structurelles par rapport à ce qui est proposé par leur employeur, c’est-à-dire des solutions individuelles. Ils sont 49 % à répondre que la mesure la plus pertinente serait une meilleure prise en compte des remarques et des idées des salariés pour réduire le bruit sur le lieu de travail.
Ils indiquent également à 35 % vouloir être mieux informés sur les risques liés à l’exposition au bruit pour leur audition. La troisième mesure pour 32 % des répondants est d’avoir un budget dédié à l’achat des machines ou appareils moins bruyants ou des caissons isolants pour supprimer le bruit.
L’ANA a dévoilé les premiers résultats de l’étude EPPECAe (Etudes des Pratiques d’Accompagnement des Acouphènes en Entreprise). Menée avec Siopi, la Fondation Ecouter Voir et France Acouphènes, cette recherche, conduite sur 158 participants, met en évidence une relation hautement significative entre l’intensité du handicap acouphénique et les signes de burn-out. Elle met en évidence l’insuffisance de la diffusion d’information et le rôle important de la considération et de l’écoute des personnes souffrant d’acouphènes.
Remarque : l’étude va se poursuivre et le but est d’atteindre les 1 200 répondants (un Q/R code pour répondre à cette étude est présent en dernière slide du pdf de l’enquête en pièce jointe). Un guide de bonnes pratiques en la matière sera ensuite publié par l’ANA.
(*) Le sondage a été réalisé par OpinionWay pour l’Association Nationale de l’Audition. 1046 actifs occupés ont répondu à cette enquête via un questionnaire auto-administré en ligne et les interviews ont été réalisées du 30 septembre au 6 octobre 2026.

